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    Congregation of the Damned
    26. octobre 2009
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    Membres du groupe
    Alex Varkatzas
    BIG Dan Jacobs
    Travis Miguel
    Marc McKnight
    Brandon Saller
     
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    Une décennie entière après leur formation dans le comté d’Orange, les Californiens d’Atreyu sont toujours aussi subversifs,  implacables et imprévisibles qu’à leur début.

    Congregation of The Damned, leur cinquième album, est un témoignage de leur inépuisable don pour la musique heavy et de leur force de détermination inextinguible, commune aux cinq musiciens, à construire un champ sonore distinct qui leur sera propre. Porte parole du groupe, Alex Varkatzas crache dans « Bleeding Is A Luxury : » « ça nous a pris 10 putains d’années pour qu’ils réalisent qu’on n’a pas besoin de leur approbation ». 

    « Dans cet album on s’avance dans un nouveau domaine mais on amène avec nous le meilleur de ce qu’on a récolté au fil des terrains qu’on a exploré, » explique le batteur et chanteur Brandon Daller. « C’est vraiment le point culminant d’une carrière de dix ans. » Souvent, les artistes vont sortir leur matériel le plus rapide et le plus heavy au départ de leur carrière et, au fur et à mesure qu’ils évoluent, devenir plus mélodiques et commerciaux.

    Ca semblait être le cas lorsqu’Atreyu a enregistré leur album Lead Sails Paper Anchor en 2007 propulsé dans le top 10 des ventes – mais cette perception était trompeuse. L’album était truffé de refrains chantés, de rythmes bons pour la radio et d’une production immaculée, pourtant il restait indéniablement heavy, aussi aguichant aux yeux des fondus de métal extrême qu’à ceux qui apprécient de la musique solide et dynamique. 

    Mais avec leur nouvel album, Congregation of The Damned, Atreyu balaye instantanément toutes nos préconceptions, nous obligeant une fois de plus à nous attendre à l’imprévu. Non seulement cette album est comme une continuation bien conçue du terrain miné sur lequel ils s’étaient aventurés en 2006 lorsqu’ils ont enregistré A Death-Grip on Yesterday, mais il est aussi empli du contenu le plus sombre et le plus politique que le groupe ait utilisé à ce jour. En plus d’avoir été alimentés par leur passion, les musiciens d’Atreyu ont été motivés par leur détermination à dénoncer la laideur du monde qui les entoure. D’où le titre. 

    “Nos dirigeants se sont foutus de nous”, explique Varkatzas. « On a commencé des guerres, on est en récession et on essaie de faire oublier ça aux autres pays. Les Etats-Unis d’Amérique se justifient en faisant beaucoup de choses au nom de Dieu. George Bush s’en est bien tiré en ajoutant Jésus au célèbre : « Dieu me pousse à faire ça ». Alors au lieu d’être une belle congrégation de fidèles, on est la congrégation des damnés. Nous sommes dans un environnement terriblement effrayant maintenant, je n’ai jamais ressentit une telle tension auparavant – et ça se ressent dans la musique. » 

    Atreyu a commencé à écrire Congregation of The Damned en janvier 2009 et presque immédiatement, l’excitation de partager à nouveau un état d’esprit unifié et propice à la collaboration a déclenché la créativité des musiciens. « C’est la même sensation que quand tu créés un groupe, » explique Saller. « On était tout  simplement excités à l’idée de se poser dans une pièce et d’écrire des chansons comme ça, juste parce qu’on en avait envie. Et le processus d’écriture de l’album était beaucoup plus orienté sur le groupe que précédemment. » 

    En quelques mois, Atreyu avait composé 25 morceaux qui allaient de profond et mélancolique à brutal, rapide et cathartique. Ils rentrèrent en studio plus tard cette année avec le producteur Bob Marlette (Ozzy Osbourne, Seether). Puisqu’ils travaillaient près de leurs foyers en Californie, ils ne se sentaient pas cloitrés tel que ça avait put leur arriver par le passé, et ils ont put prendre plaisir aux séances d’enregistrement comme jamais auparavant. 

    Ceux qui n’étaient pas au courant de cette anecdote pourront être pardonnés de ne pas réaliser à quel point les musiciens se sont amusés à faire Congregation of the Damned. Les morceaux « Ravenous » et « You Were the King Now You’re Unconscious » sont frénétiquement rythmés et inquiétants, reflets du vacarme que font de jeunes adultes lorsque leur vient l’idée qu’ils se sont peut être vendus alors que leur génération sombrait dans une crise d’identité universelle. Peu importe si c’était le cas ou non, Atreyu sont désormais plus déterminés que jamais à prouver ce qu’ils valent.       

    “Dans le passé, il m’est arrivé de ne pas avoir les idées claires,” Admet Varkatzas. « Mais avec Congregation of the Damned je me suis recentré sur moi-même et j’en ai tiré avec plus de certitudes ce que je voulais. On a ravivé un peu de l’ancien Atreyu : des riffs, des cris et des breaks. » 

    Pure modestie de la part de Varkatzas. Il est vrai que les éléments tranchants de l’ancien Atreyu sont de retour, mais ils sont combinés avec de meilleures compositions et arrangements qui rendent le son du groupe absolument captivant. Le premier single, « Storm to Pass », commence par une intro acoustique et se mue progressivement en un bourdonnement sonore de guitare qui atteint son apogée dans un refrain triomphant. « Insatiable » est mené par un refrain en harmonies qui reflète le penchant du guitariste Dan Jacobs pour les groupes de métal des années 80 à la Iron Maiden, Judas Priest et Mötley Crüe. « Black Days Begin » se caractérise par son côté groovy sudiste qui trahit l’affection qu’ont les musiciens envers Pantera. Enfin, « Wait For You », une ballade au piano et à la guitare classique, révèle une face du groupe totalement nouvelle.  

    « Sur Lead Sails Paper Anchor, on avait une petite ballade à la guitare et ce n’est vraiment pas ma chanson préférée, alors c’était en quelque sorte l’occasion de se rattrape, » dit Varkatzas. « Big Dan [Jacobs] avait cette idée qui lui tournait dans la tête depuis toujours et on avait jamais écrit de chanson d’amour en entier. Alors on s’est dit « Les mecs, on écrit une ballade. On n’en a rien à foutre. C’est ce qu’on a envie de faire. Et si tu n’aimes pas celle là, c’est que tu n’as pas de cœur. » 

    Au niveau des paroles, Congregation of the Damned ne manque pas d’énergie du début à la fin. La phrase d’entrée de l’album, par exemple, « Arrête ! Avant qu’il ne soit trop tard et qu’on ait tout détruit » (“Stop! Before It’s Too Late And We’ve Destroyed It All”), est basée sur le sketch d’une comédie de Joe Rogan dans laquelle dénonce les humains comme un fléau pour la planète. Varkatzas appuie l’engagement de Rogan. 

    « Quand tu arrives à Los Angeles tout est vert et magnifique, mais à l’ instant où tu pénètre dans la ville, l’air y est putride. C’est un gros point noir et ça ne rentre nulle part dans la géographie naturelle, » dit Varkatzas. « D’un point de vue lyrique, c’est comme si on était cet organisme prédateur qui gagne du terrain et détruit tout sur son passage. Mère nature se porterait bien mieux sans les humains. » 

    Contagieux, « Storm To Pass », le premier single de Congregation of the Damned, parle simultanément du désarroi psychologique de Varkatzas et de l’état instable d’un monde au bord de l’anéantissement. « J’ai écrit cette chanson sous deux angles à la fois, pour qu’elle impacte différentes personnes de différentes façons, » explique le chanteur. « J’ai tendance à être ou bien super dépressif ou super énervé. Je peux voir ça arriver et je peux le voir se construire et c’est comme regarder des nuages orageux qui se profilent à l’horizon sur la plage d’une île avant de la détruire. Et en même temps cette chanson parle de comment tu peux voir les guerres ou conflits se former, comme Desert Storm, l’Opération Iraqi Freedom, ce qui se passe en Corée du Nord ou ce qui pourrait bien se produire au Pakistan ou en Iran. Tu sens la tension monter, cet orage, cette malveillance, et c’est comme un cercle vicieux qui peux tous nous détruire. » 

    Certaines chansons ne sont pas politiques du tout. « Gallows » - qui contient le vers « Comme le loser que je suis/ Je ne peux m’empêcher de voir / Que le succès me terrifie totalement » (“Like the loser I am / I can’t help but to see / That success scares the living shit out of me”) – est à propos du manque d’assurance et de confiance en soi, et d’avoir la ténacité de faire face à ses peurs.   

    « Sincèrement, je ne suis pas certain de ce qui m’effraie le plus, » Admet Varkatzas. « Ca fait beaucoup de choses pour que les gens le comprennent. Est-ce que je ne donne pas le meilleur de moi-même ? Me suis-je retenu dans le passé parce que j’avais peur d’échouer seul ? Ou bien est ce que je ne suis juste pas assez bon ? Mais on est tous humains et c’est comme ça qu’on apprend : ça nous forge le cœur et le caractère. La ténacité c’est ce qui m’a amené ici, pas le talent. Et tant pis si ça agace les gens ou que ça me fait passer pour un abruti… Je n’y peux rien. » 

    Atreyu s’est formé en 1998 dans le comté d’Orange en Californie et est le produit de la scène qui fleurissait autour des membres. D’un côté, ils étaient heureux que les projecteurs soient sur leur ville, d’un autre, ils réalisaient qu’ils devaient faire quelque chose de vraiment unique pour sortir du lot. « Bien sur, on vient de la scène hardcore de l’OC, » dit Varkatzas. « Mais on n’a jamais voulu n’être que ça. L’ambigüité musicale a toujours été notre but. » 

    Suicide Notes And Butterfly Kisses, le premier album du groupe sorti en 2002, contenait les hits underground « Lipgloss And Black » et « Ain’t Love Grand », qui ont aidé le groupe à s’établir une forte réputation en dehors de leur scène insulaire de Californie. S’en est suivie une tournée d’un an puis un album hargneux, The Curse,  qui a atteint le n°1 du hit parade des albums indépendants ; un opus dévastateur qui combinait l’amour d’Atreyu pour le hardcore féroce et le trash métal vengeur. Après deux autres années d’une tournée épuisante, le groupe retournait en studio pour enregistrer leur révélation commerciale, A Death-Grip on Yesterday, incluant le single « Ex’s and Oh’s, » qui atteignit la 9ème place au hit parade des 200 albums les plus vendus et la première au hit parade des albums indépendants. Atreyu fit la promotion de cet album avec des tournées majeures, incluant l’Ozzfest.  

    Avec Death-Grip, Atreyu complétait leur contrat avec le label indépendant Victory et signèrent pour un contrat avec la major Hollywood Records, garantissant au groupe plus de visibilité promotionnelle que jamais. Inspirés par le changement, Atreyu retournèrent en studio et écrivirent Lead Sails Paper Anchor, qui sortit exactement 17 mois après A Death-Grip on Yesterday. Empli d’un fort équilibre entre agressivité et accords pleins, l’album rapporta à Atreyu une nouvelle audience et le porta à un niveau supérieur.

    Atreyu a assuré la promotion de cet album avec d’importantes tournées, incluant le Linkin Park’s Projekt Revolution et le Taste of Chaos Tour, avec Avenged Sevenfold et Bullet For My Valentine ainsi que le Family Values Tour avec Korn. 

    « Les bons résultats de cet album nous ont donné l’assurance de persévérer dans notre voie, » dit Saller. En d’autres termes, il s’agissait du parfait tremplin à Congregation of the Damned, un album qui rassemble tous les points forts d’Atreyu dans un mix musical et artistique explosif. Voilà le crachat sincère de « So Wrong, » avec sa ballade hardcore/heavy et les lignes de guitares euphoriques de Miguel et Jacobs ; le retour en force du métal des années 70 et des refrains sur « Black Days, » et l’intro à l’Orgue, les fantasmagoriques harmonies à la guitare et l’exorcisme vocal de « Congregation of The Damned. »  

    Si vous pensiez connaître Atreyu, effacez vos ardoises, et commencez à élargir votre vision.

     

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