Ratt
Lecteur media
Dernier album
Dates de concert
Membres du groupe
Stephen Pearcy
Warren DeMartini
Bobby "The Blotz" Blotzer
Robbie Crane
Carlos Cavazo
Ca arrive tout le temps. Les groupes populaires se séparent, puis se reforment des années plus tard pour n’être malheureusement pas à la hauteur de ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont commencé. Mais il y a des exceptions, comme Ratt.

L’histoire raconte que Ratt a lancé les bases pour créer le son et la scène légendaire du Sunset Strip à Holywood. Le groupe est de retour, plus en forme que jamais. Infestation, le premier album de Ratt depuis 11 ans, marque un retour vers ses racines heavy blindées de riffs. Le groupe a réinventé sa sonorité en redécouvrant ses forces, transportant ses auditeurs à un temps où le metal régnait sur le monde et où les vrais musiciens portaient du noir autour des yeux tel un gage d’honneur.

« Nous voulions que cet album donne l’impression d’avoir été écrit juste après ‘Ouf Of The Cellar,’ sortit en 1984, » explique le chanteur Stephen Pearcy. « Nous avons vraiment effectué un retour aux sources avec l’état d’esprit d’un groupe plein d’énergie et d’enthousiasme qui a quelques superbes chansons à sortir. »

A peine sortit de sa pochette, Infestation explose comme de l’essence sur le feu, brûlant avec une énergie et une attitude absentes dans le metal depuis bien longtemps ; peut être même disparue avant l’heure du DVD, du grunge et de Facebook. Le premier morceau ‘Eat Me Up Alive,’ vous frappe en pleine face avec une attitude et un riff indémodables qui vont de paire avec la musique de Ratt et qui ont su les différencier du lot. Depuis les sonorités de club de striptease de ‘Look Out Below’ à la chanson à boire ‘Take a Big Bite,’ Infestation gronde de l’énergie vive qui a rendu Ratt célèbre.

Pourtant, Infestation est plus qu’un album pour faire la fête. Alors que la musique est joyeuse tout le long de l’album, quelques unes des paroles sont sérieuses et sobres, évaluant les bénéfices de la monogamie contre le frisson d’un hédonisme endémique sans le prôner ou le juger. Sur ‘Take Me Home,’ Pearcy chante, « Je vais te dire un petit secret que tu dois savoir/ Tu es toujours dans mon cœur, toujours dans mon âme. » Puis, dans ‘Garden of Eden’, son alter ego se vante : « J’ai une mauvaise réputation et tu le savais très bien/ Ouais, je vais te donner ce dont tu as besoin/ Je vais t’amener en enfer. »

« Je n’étais pas en très bonne posture sur le plan émotionnel lorsque nous avons écrit cet album, » admet Pearcy. « Evidemment il y a des insinuations sexuelles et un côté fêtard, mais il y a aussi des chansons qui traitent de sujets sérieux. Les paroles avaient tellement d’importance pour moi que chaque matin avant d’enregistrer, je me réveillais pour les réécrire. C’était un étrange procédé pour moi, mais ça a marché. »

Ratt a commencé à écrire Infestation en janvier 2009, et d’ici avril, le groupe avait 20 nouveaux morceaux qu’il a arrangé avec le producteur Michael ‘Elvis’ Baskette (Chevelle, Alter bridge). Mais avant de commencer à enregistrer, il fallait resserrer les liens entre les membres et réparer les années d’hostilité qui s’est développée suite au départ précipité de Pearcy en 1999, pour raisons personnelles. C’était un moment difficile pour Ratt, et Pearcy avait été remplacé pars le chanteur Lizzy Pearl ; John Corabi a alors pris la deuxième guitare, remplaçant ainsi Robbin Crosby.

« Nous avions décidé de ne pas enregistrer un album de Ratt tant que Stephen ne ferait pas partie du groupe, » explique le guitariste Warren DeMartini. « Nous voulions vraiment garder le même lineup pendant un long moment, mais la vie s’est mise en travers de nos plans. Stephen a quitté le groupe, et nous ne voulions pas que cela signifie la mort de Ratt. »

Après quelques sérieuses discussions, Pearcy a rejoint le groupe et, en 2007, DeMartini, Pearcy, Blotzer et Crane ont conquis la scène ensemble pour la première fois depuis huit ans, effectuant plus de 50 concerts. A cette occasion, ils ont aussi sorti le CD best of ‘Tell the World : The Very Best Of Ratt’ et leur tout premier DVD ‘RATT videos from the Cellar : The Atlantic Years’. Et ce qui devait arriver arriva.

« Cette excitante tournée a été un bol d’air frais parce que le son était au rendez-vous, et même meilleur qu’avant. » Dit DeMartini. « Stephen avait mûri, nous avions mûri, et grâce à cela, nous savions que nous pouvions écrire à nouveau. »

Avec quelques concerts sous la main, Ratt était prêt à retourner en studio pour écrire de nouvelles chansons, mais le groupe voulait une nouvelle composante pour son lineup. DeMartini a suggéré Carlos Cavazo, l’ancien guitariste de Quiet Riot. Avec ce guitariste accompli dans le groupe, Ratt avait de nouveau ce duo de guitare puissant qui a boosté ses débuts.

« Ca faisait un moment que je pensais contacter Carlos, » raconte DeMartini. « A l’époque, nous pensions remplacer John car nos emplois du temps ne correspondaient pas et j’ai commencé à me dire que ce serait cool d’avoir Carlos. Alors quand le moment est venu, il est la première personne que j’ai appelée. »

Pour Cavazo qui venait de quitter un autre projet, l’offre est venue exactement au bon moment. Et puisqu’il connaissait déjà les gars de Ratt depuis leurs débuts, il s’est tout de suite senti à l’aise avec la personnalité de chaque musicien.

« Tout s’est déroulé de façon très naturelle pour moi, » raconte Cavazo. « C’est marrant parce que je glandais chez moi un jour et j’ai manqué l’appel. Alors j’ai écouté mon répondeur et j’ai remarqué que c’était Warren. La première chose qui m’est venue à l’esprit c’est que soit il y avait une grosse fête et il allait m’inviter, soit il avait besoin d’un nouveau guitariste. Evidemment c’était la deuxième option. »

« C’est génial de pouvoir à nouveau avoir un double jeu de guitare, comme je le faisais à l’époque avec Robbin, » explique DeMartini. « Je voulais quelqu’un avec qui je puisse collaborer et quelqu’un qui savait bien chanter, alors Carlos était parfait à tous les points de vue. »

Ratt s’est donc envolé vers la région de Virgina Beach au printemps 2009 pour travailler sur de nouvelles chansons. Le groupe s’est installé dans une maison de quatre chambres et les membres travaillaient à leur rythme, créant riff après riff et les incorporant dans des morceaux avec rapidité et enthousiasme.

« Nous voulions sortir des sentiers battus avec cet album alors nous nous sommes installés dans un endroit où on pouvait à la fois manger, dormir et composer l’album, » raconte DeMartini. « C’était vraiment marrant ; on avait la même ambiance que lors d’un road trip, à la différence près que le paysage était immobile. »

Alors que DeMartini, Cavazo, Crane et le batteur Bobby Blotzer affinaient la musique, Pearcy restait dans sa chambre pour travailler sur les paroles.

« C’était vraiment excitant parce qu’aucun d’entre nous ne savions à quoi nous attendre de la mélodie ou des paroles avant que Stephen n’ajoute finalement sa partie, » explique Blotzer. « Le résultat a été surprenant dans le bon sens du terme. »

« C’était génial qu’on écrive ensemble sur cet album, » raconte Pearcy. « Quelques unes de mes parties ont été écrites dans le studio au moment de la pré production. Ce genre de truc n’était pas arrivé depuis le début des années 80 ! Un des morceaux ‘Garden of Eden,’ était à la base juste une idée de riff, mais en pré production, Warren a commencé à jouer ce riff et je lui ai demandé ‘c’est quoi ça ? J’aime bien, travaille le un peu.’ Et en une journée le morceau était bouclé. »

Alors que Ratt travaillait sur différentes idées en pré production, Baskette a enregistré les sessions où le groupe jammait sur une petite cassette, avec le même type de matériel que ce qui était utilisé dans les années 80. En plus de cela, il a exploité de nombreuses techniques utilisées par les studios modernes pour capturer le son que recherchait le groupe. Baskette a aussi aidé Ratt à transformer de bonnes idées en d’excellents morceaux et a laissé aux musiciens la liberté de laisser toute leur créativité s’exprimer.

« J’étais vraiment concentré sur le fait de jouer de façon plus intense et de ne pas rentrer dans un moule comme c’était le cas sur le dernier album de Ratt, » explique Blotzer. « Et autant Elvis que le groupe m’ont laissé prendre cette direction. »

« C’était génial pour Carlos et moi aussi parce qu’Elvis était guitariste dans un groupe avant de devenir producteur, alors il fait très attention au son, » raconte DeMartini. « Il a le même univers guitariste que nous, et ce n’est pas toujours le cas avec un producteur. »

Cette énergie se ressent vraiment dans Infestation. Le premier single ‘Best of Me’ est un morceau dynamique où les voix ondulent tel un serpent pour éclater dans un refrain inoubliable, le tout soutenu par des lignes de guitare absolument mémorables. ‘Garden of Eden’ commence avec une intro teintée blues avant que le rythme s’accélère soudainement, nous donnant envie de lever nos poings en rythme vers le ciel. Mais c’est peut être un vers dans la chanson mid-tempo ‘As Good as it Gets’ qui résume de la façon la plus efficace l’approche, l’attitude et la conviction d’Infestation : ‘You get just what you came for.’ (Tu n’as que ce que tu es venu chercher).

« Notre musique est telle qu’elle l’était au commencement ; elle est ce qui compte le plus pour nous, » dit Pearcy. « Et nous voilà, 25 ans plus tard, à garder le Ratt N’ Roll bien vivant. »

« Quand on joue nos concerts maintenant, c’est une nouvelle génération qui nous écoute. On voit les gamins des types qui ont grandi en nous écoutant, mais leur réaction est la même, » ajoute DeMartini. « Et ce peu importe l’endroit du monde où nous nous trouvons. »