Mais ca ne veut pas dire que tout fut rose. Certains membres du groupe, en l’occurrence le chanteur Tyler Connelly, le guitariste Dave Brenner et le bassiste Dean Back, rentrèrent de tournées (passées en compagnie de3 Doors Down, Saliva, Nickelback, et 3 Days Grace) complètement exténués, si bien qu’enregistrer de nouvelles chansons représentait le cadet de leurs soucis. Donc ils prirent un peu de recul, le temps de recharger les batteries. « Je pense que nos nouveaux titres sont plus matures cette fois, car on ne les a pas composés en 6 ans mais en 6 mois cette fois ci » nous dit Connelly. « Elles sont vraiment le reflet de là où nous étions quand nous les avons composées, et nous ont prouvés que nous pouvions composer de bons titres en une courte période. Nous nous sommes juste réunis et avons bossé. »
“Gasoline” le deuxième album de Theory Of A Deadman, est énervé, rapide sans pour autant tomber dans la précipitation. Au travers de ce disque, le groupe montre qu’il a su rester à la fois précis et inventif, puisant ses influences dans toutes les décennies de la sphère rock, l’album passant de titres passionnés à des ballades en passant par des titres beaucoup plus énergiques. « No Surprise » mélange guitares acoustiques et électriques, le chant étant à la fois fredonné et harmonieux ce qui n’est pas sans rappeler le meilleur d’Alice In Chains. « Since You’ve Been Gone » nous fait frissonner avec ses parties de piano, ses guitares larmoyantes et ces parties de chant de Connelly qui vous prennent vraiment aux tripes. Ailleurs, « Say Goodbye » associe un rythme folk à de belles harmonies vocales le tout porté par un riff puissant et un refrain colossal. « Better Off », avec sa batterie lourde et carrée, ses guitares criardes, n’est pas sans rappeler Bad Company ou AC/DC, « Santa Monica » étant plus sensible avec ses arpèges de guitares qui soutiennent le caractère triste et émouvant de la chanson.
“Gasoline est le genre d’album qui fait bouger les choses” dit Connelly. « Et c’est l’album qui va nous faire franchir un palier. Sur notre premier album nous avions écrit beaucoup de bonnes chansons mais c’était plus comme un projet scientifique. Nous nous réunissions, c’était du genre : allez les gars faisons une chanson, et en 3 minutes on avait un refrain et un pont. Cette fois ci on s’est dit : pourquoi ne pas juste prendre nos instruments et jammer ? Et c’est ce que l’on a fait. Et les chansons sont venues d’elle-même, sans forcer. » Brenner ajoute : « plusieurs fois il nous est arrivé d’avoir juste un riff et on était tous excités à l’idée de jammer dessus. » Durant leurs tournées les gars de Theory Of A Deadman en ont profité pour jammer avec plusieurs artistes dont le bucheron Zakk Wylde ou encore Randy Bachman (The Guess Who et Bachman Turner Overdrive), ce qui leur a permis de s’ouvrir musicalement sans pour autant s’en inspirer sur leur dernier album.
Les membres de Theory Of A Deadman ont grandi les uns à côté des autres, à 6 pâtés de maison d’écart, dans la petite ville de North Delta, au Canada. Connelly et Back allèrent à la même école de guitare, ont travaillé dans le même restaurant, et Brenner est le petit frère de l’un des meilleurs amis de Back. « On s’est retrouvé un soir et Tyler m’a demandé si ca m’intéressait de monter un groupe avec lui » répond Back. « Dave et son groupe faisaient régulièrement des dates avec nous, et a demandé si le poste de guitariste était libre ». Le groupe tira son nom d’une chanson « Last Song », dans laquelle Connelly raconte l’histoire d’un homme qui écrivit ses mémoires avant de se suicider. C’est lors d’un concert à Vancouver que Connelly rencontra Chad Kroeger de Nickelback et lui donna une démo. La plupart des musiciens établis ne prête pas attention à ces démos, mais Kroeger écouta le disque et tomba immédiatement sous le charme de la musique du groupe. De suite après, il signa le groupe sur son label 604 Records.
Le groupe entama son premier enregistrement en 2002, et fut vite associé au mouvement hard rock émotionnel. Des titres comme “Nothing Can Come Between Us”, “Make Up Your Mind”, and “The Last Song” bénéficièrent d’une forte diffusion en radio et les deux années de tournées qui suivirent permirent au groupe de se solidifier et de gagner en densité. L’expérience aidant, Theory Of A Deadman se mit à écrire de façon beaucoup plus sérieuse pour l’album Gasoline. Le seul gros souci que rencontra le groupe fut quand le batteur de l’époque Tim Hart décida de quitter le navire. Heureusement le groupe trouva en lui les ressources nécessaires pour enregistrer lui-même les parties de batterie. Quand ils entrèrent en studio, ils rappelèrent Robin Diaz (qui joua sur le premier album) et firent appel à l’un de leurs amis, Daniel Adair, batteur de 3 Doors Down pour l’enregistrement du titre « Santa Monica ». « On a grandi ensemble, nous sommes allés à l’école ensemble donc c’était vraiment sympa de le voir faire ce titre avec nous » nous dit Connelly.
Il est difficile de trouver un titre qui sorte du lot sur l’album. Le rageur « Better Off » est l’un des favoris du groupe mais Brenner adore aussi « No Way Out ». « C’est l’une des dernières chansons que nous avons écrites avant de rentrer en studio. Quand on l’a réécoutée, on s’est dit qu’on tenait là une bête de titre. Ca m’a rendu enthousiaste pour tout le reste de l’enregistrement. » Cet enthousiasme transparait sur tout le reste de l’album, du Stone Temple Pilotsien « Hating Hollywood » au vibrant campagnard « Me & My Girl ». Pris en entier « Gasoline », ne sera pas votre album typique de rock contemporain qui contient 2 gros tubes et où le reste fait office de remplissage. Ce n’est pas non plus une collection de hits bien formatés. « Je pense que si tu veux paraître vrai, il faut que tu écrives des chansons qui viennent du cœur » confie Connelly. « Tu ne peux pas écrire de hits, tu peux juste écrire de belles chansons en espérant qu’elles deviennent des hits. J’ai toujours dit qu’il est facile d’écrire des chansons, difficile d’écrire de bonnes chansons et qu’il faut être chanceux pour écrire un hit. » Avec une si bonne attitude, un aussi bon album sous le bras, Theory Of A Deadman n’a définitivement pas besoin de chance.












