
La dernière fois qu’on a entendu parler de Stone Sour, le groupe trois fois nominé aux Grammy Awards jouait à guichets fermés dans le monde entier pour défendre son deuxième album « Come What(ever) May », un blockbuster entré directement en 4ème position des charts américains et qui s’est vendu à plus d’un demi million d’exemplaires grâce à trois tubes, dont le désormais fameux « Through Glass ». Le magazine américain Billboard a qualifié l’album de « travail intense et maitrisé », Alternative Press a surnommé le groupe « les maîtres du rentre-dedans », ajoutant « Dans une meilleure Amérique, Stone Sour serait le visage du rock américain » et Revolver magazine a mis 4 étoiles au disque et loué le quintet pour avoir « démontré une énergie égalée par très peu d’artistes contemporains.»
Quatre ans plus tard, le quintet revient avec un éventail plus large, une perspective plus précise et l’envie de faire d’ « Audio Secrecy » un album libéré de toutes limitations artistiques. « C’est tout ce que j’ai toujours voulu faire sur un album, » dit Corey. « C’est lourd, mélodique, sombre, lent, léger et beau. Vous y entendrez quelque chose de différent à chaque écoute. »
Le groupe a enregistré « Audio Secrecy » avec le même producteur que pour « Come What(ever) May », Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Alice In Chains, Deftones), au Studios Blackbird de Nashville. Lorsque les membres du groupe ne travaillaient pas sur l’album, ils passaient leur temps dans un taudis lugubre. « Cette maison nous a fait vivre un enfer, » dit Corey en riant. « Elle est très vieille, alors tout tombait en ruine et était infesté de guêpes et d’araignées. Il y avait tellement de pièces que je m’y suis perdu. C’était comme vivre dans le Manoir Hanté de Disneyland. Cependant ça nous a permis de rester dans le bon état d’esprit, alors on devrait peut-être remercier l’endroit dans l’album pour cette raison. »
Stone Sour est un groupe unique et la plupart des titres sur « Audio Secrecy » sont brillants à commencer par « Mission Statement », un morceau percutant qui démarre en trombe. « Ca te met un grand coup dans la tronche et te traîne par les cheveux comme un homme des cavernes, » plaisante Corey. En amont de la sortie de l’album, le groupe a offert ce titre en téléchargement gratuit et les fans ont répondu en masse : le titre a été téléchargé plus de 1,000 fois par heure durant les 2 jours de l’offre.
Parmi les tubes innombrables d’ « Audio Secrecy » se trouve « Say You’ll Haunt Me », une chanson heavy et mélodique qui démontre parfaitement la capacité du groupe à plaire aux fans de divers horizons. Le cœur de l’album est le titre « Hesitate » qui n’est pas sans rappeler le célèbre « November Rain » des Guns N’Roses, à la fois mélodique et mélancolique avec un orchestre de cordes et un refrain entêtant. Corey dit à propos de l’émotion que dégagent les chansons : « Au niveau des textes, j’écris de manière plus personnelle. Que ce soit à propos des relations, du fait d’être père ou de trouver mon âme sœur, je dévoile tout pour que chacun puisse l’entendre et éventuellement se sentir concerné et être touché. » De même, le titre de l’album est un jeu de mots qui attise la curiosité. « Je suis très fan des doubles sens et des métaphores », avoue Corey. « On peut combiner ces deux mots à tellement de niveaux différents. Ca correspond parfaitement à l’album. »
Pour le guitariste Josh Rand, le titre « The Pessimist » a une signification spéciale. « C’est la chanson la plus heavy qu’on ait faite. J’ai passé une journée et demie à travailler sur la bonne gamme pour la guitare lead hindou. Le solo de guitare sur cette chanson sonne très oriental. » « Le truc génial dans Stone Sour c’est qu’on a cinq personnes qui composent et l’ensemble est comme un patchwork, » explique Corey. « Tout ce qu’il y a à faire c’est de tirer un peu le fil pour que toutes les pièces s’assemblent. Tous les membres du groupe ont amené une pierre à l’édifice et le résultat est un album très vivant. » « Threadbare » a été composé par Roy Mayorga et marque sa première composition pour le groupe. « Tout le monde a été super cool et m’a encouragé à me lancer », dit-il. « C’est une des chansons les plus longues, étranges et sombres de l’album. Je suis très flatté que tout le monde ait accroché et que ça soit devenu une chanson de Stone Sour. C’est très progressif, ça fait un peu comme dans un grand huit. » Shawn va plus loin et ajoute : « C’est une chanson totalement épique. Elle comporte des mélodies claires qui se modulent au cours du titre. Cela emmène l’auditeur dans une dimension complètement différente. »
Le duo de guitares de Stone Sour, véritable marque de fabrique du groupe, est encore plus abouti car Jim Root et Josh ont enregistré simultanément. Ils n’ont pas eu besoin de sur-digitaliser les parties et de les noyer ensuite avec Pro Tools. Comme le dit à très juste titre Josh : « On est exactement comme cinq mecs qui jouent dans leur garage et ça se ressent dans la musique. Il y a une chanson pour chaque humeur que tu peux avoir dans une journée. »
« Cet album représente vraiment tout ce qu’on avait toujours menacé de faire, » dit Corey. « Il y a tellement de styles et de sonorités différentes…c’est probablement la meilleure chose que j’ai faite depuis longtemps. » C’est une sacrée déclaration à la vue du CV de Corey, qui est également le frontman d’un ‘autre groupe’, Slipknot (dans lequel Jim y joue aussi de la guitare).
« Je n’essaie pas de changer le monde, je veux juste faire de la musique et m’exprimer », termine Corey en souriant. « Mais au final, j’espère que les gens aimeront cet album, qu’ils auront envie de le fredonner toute la journée. J’espère que ça les fera réfléchir et qu’ils voudront à leur tour monter leur propre groupe. J’espère que cela les rendra heureux et surtout, j’espère qu’ils se diront que ça valait le coup d’attendre. »











